Schémas amoureux répétitifs

Je répète toujours les mêmes schémas amoureux dysfonctionnels : pourquoi ?

Vous rencontrez toujours le même profil d’homme avec qui les relations sont vouées à l’échec : ils sont indisponibles, fuyants, manipulateurs, perdus… ou alors, vous avez tendance à répéter les mêmes scénarios amoureux : vous finissez toujours par être celle des deux qui est en demande constante de l’autre sans jamais être satisfaite, vous angoissez énormément et projeter les pires scénarios résultat vous passez pour une hystérique, ou alors vous avez besoin d’être tellement dans le contrôle de l’autre pour pouvoir lui faire confiance que dès le moment où il commet une erreur, si petite soit-elle, vous le renvoyez et le rejetez directement sans même qu’il ait le temps de s’expliquer. Résultat : vous ne parvenez pas à vous sentir rassurée en relation et avez l’impression d’être trop exigeante avec les hommes.

Comment comprendre ce mécanisme de répétition ? Pourquoi y êtes-vous embourbée ? Et surtout, comment s’en libérer pour enfin vivre des relations épanouies ?

Au commencement : l’importance de l’environnement pour la construction du sujet.

Pour qu’un individu puisse entretenir des relations sociales et affectives saines et durables, il faut d’abord que ce dernier ait pu se constituer une enveloppe psychique stable et définie. Je me construis dès les premières heures de la vie grâce à mon environnement et je ne peux pas considérer mon récit de vie sans le contextualiser dans un environnement familial avec des figures parentales. En effet, comme le disait le pédiatre Winicott « il n’y a jamais de bébé seul » : en d’autres termes, un individu se construit toujours par rapport à l’environnement qui a été le sien. Quels parents il a eu, l’amour qu’il a reçu, est-ce qu’il a été écouté, consolé ? Lui a-t-on permis d’explorer ses potentiels, de faire face à la frustration ? Mais surtout : a-t-il reçu un amour assez structurant pour pouvoir s’apporter lui-même un amour-propre sécurisant.

Si ce n’est pas le cas, ma relation à moi-même est défaillante et fragile : je ne me connais pas ou peu, n’ai pas appris à explorer mes rêves et mes envies, ait pu intérioriser l’image de moi que m’a donné mon entourage. De la même manière, je vais rencontrer des difficultés dans ma relation dite « aux autres objets » (c’est-à-dire aux autres sujets qui ne sont pas moi). Si j’ai une faille dans ma relation à moi-même, je vais nécessairement rencontrer des difficultés dans mes relations affectives : comment accepter le regard de l’autre ? Comment faire la différence entre les désirs de l’autre et les miens ? Comment faire face à la séparation ?

Ainsi, depuis l’enfance et selon notre histoire, nous pouvons être déterminé (estime de soi, manière de s’attacher aux autres) par ce que nous avons reçu de la part de nos parents.

Comprendre le fonctionnement d’un traumatisme.

Si j’ai grandis dans une famille chaotique, pas très soutenante, avec des parents absents ou étouffants mais que j’ai réussi à m’en extirper et à digérer ce vécu, je peux me reconstruire et me séparer de cette histoire-là. Je peux ainsi retrouver une estime personnelle, me redéfinir à mon goût et choisir des relations et des partenaires de manière délibérée. En revanche, si en ayant vécu la même enfance et les mêmes manquements affectifs, je n’ai pas pu digérer émotionnellement et psychologiquement ces éléments-là (« un père absent », « une mère manipulatrice », « un viol », « le deuil d’un parent » ou plus tard dans la jeunesse, des premières expériences amoureuses dévalorisantes »), on dit alors que ces expériences de vie n’ont pas été « assimilées » par le sujet.

Prenez l’exemple d’une pomme. Si je la croque par petits morceaux et que je la mâche avant de l’avaler, je vais la manger intégralement par petits bouts, en ayant le temps de la transformer pour pouvoir me l’approprier, la digérer et la faire rentrer dans mon corps de manière harmonieuse. Or, si j’avale cette pomme toute entière sans la mâcher, je vais la jeter en moi (l’incorporer), et je ne parviendrai as à la digérer.

C’est exactement pareil avec les expériences traumatiques. Est un trauma toute expérience chargée affectivement et qui n’a pas pu être représentée psychiquement (« qui n’a pas pu être assimilée et intégrée correctement dans notre vie psychique »).

Le devenir des traumas : « La compulsion à l’intégration » (R. Roussillon).

Le psychologue clinicien lyonnais R. Roussillon reprend ce terme d’abord employé par Freud lui-même (qui parlait alors de « compulsion de répétition ») pour désigner le mécanisme inconscient qui est sous-jacent à chaque traumatisme (expérience chargée affectivement non représentée par la vie psychique).

Reprenons l’exemple de la pomme avalée et coincée à l’intérieur de moi. Le but de l’inconscient et de faire revenir à la conscience ces expériences non-représentées (avalées) à la conscience pour qu’elle puisse se les approprier correctement. Or, comme la conscience a refoulé ces traumatismes (c’est-à-dire rejeter à l’intérieur de soi les expériences trop difficiles et trop chargées affectivement), elle ne peut pas « en prendre conscience » juste par la force des choses. C’est-à-dire que le sujet n’aura pas accès à ces expériences refoulées (exemple : l’abandon d’un père) de lui-même. C’est alors que se met en place un mécanisme inconscient appelé « compulsion à l’intégration » visant à rejouer dans la vie réelles les scénarios de l’expérience traumatique pour tenter de les intégrer.

Métaphorisé à l’échelle de notre pomme avalée, nous pourrions voir ce mécanisme de cette manière : On a jeté une pomme à l’intérieur de moi. Je n’ai pas pu la mâcher pour me l’approprier et je n’arrive pas à la digérer. Bien-sûr, je n’ai pas conscience que c’est cette pomme non-avalée qui est la cause de mes maux de ventre. Comme je n’en ai pas conscience (car ma conscience rejette systématiquement au fond de moi cette expérience), mon inconscient va tenter de me faire répéter cette même expérience sous différents aspects pour tenter de me faire intégrer la première expérience non-assimilée.

Par exemple : je vais vomir à la vue de chaque nouvelle pomme, ou bien chaque pomme me semblera écœurante ou étouffante. A chaque fois que je choisirai une pomme, elle se révèlera pourrie de l’intérieur… etc. Je répète la même expérience sous différente forme, pour tenter d’intégrer le mal dont je souffre et qui est coincé à l’intérieur de moi.

Qu’est-ce que le mécanisme de transfert ?

Ce processus peut être additionné à celui du mécanisme de transfert (mentionné par Freud) et s’applique encore mieux aux mécanismes relationnels. Freud parle du transfert dans la relation thérapeutique : il dit que dans la relation entre le patient et son psychologue, le patient va projeter sur la personne du psychologue les problématiques qu’il n’arrive pas à assimiler : les caractéristiques d’une figure lui ayant causé du tort, rejouer ses propres difficultés relationnelles dans la relation (se sentir de nouveau en demande constante de l’autre).

Le transfert est un autre mécanisme inconscient stipulant qu’en choisissant les situations similaires à celles que je n’ai pas intégrées (ou en les projetant sur des situations neutres), je vais pouvoir tenter d’intégrer les situations initiales douloureuses.

Pour reprendre mon exemple, je n’arrive pas à prendre conscience du mal que me cause la pomme avalée, donc je vais inconsciemment choisir des pommes pourries, dures, mauvaises, pour tenter d’intégrer la première expérience…

C’est exactement pareil avec les rencontres amoureuses : d’une manière ou d’une autre, j’entretiens un certain mal au fond de moi par rapport aux hommes (peut-être est-ce à cause de mon père, de ma mère, d’une expérience subie…) et je n’en ai pas conscience. Je ne parviens pas à mettre la main sur ce qui dysfonctionne. Pour tenter de l’intégrer, mon inconscient va me faire choisir (attirer) exactement les personnalités et les relations me faisant travailler sur ma première blessure pour que je puisse en prendre conscience et grandir. Le problème, c’est que je ne la connais pas, je ne fais pas le lien entre mes nombreux échecs amoureux et mon histoire personnelle et même si c’était le cas, « je ne sais pas comment faire pour changer » et enfin mettre un terme à ce cercle vicieux.

Comment se libérer de ce cycle répétitif ?

La thérapie a beaucoup évolué. Et contrairement à la psychanalyse, les thérapeutes savent aujourd’hui qu’il n’est ni nécessaire ni pertinent de forcément « mettre la main sur l’expérience originelle » pour cesser ces mécanismes de répétition. Le changement réside dans votre capacité de prendre conscience de votre mal, de votre blessure (cela peut être un ensemble d’évènements, une croyance profonde, une haine de soi, un environnement familial déstructurant ou tout cela) et de l’accepter inconditionnellement, de l’assimiler.

Pour ce faire, j’ai crée une méthode, La Méthode S’aimer +, spécialement créée pour répondre aux problématiques de Dépendance et de Contre-Dépendance Affective ainsi qu’aux mécaniques de répétition de schémas amoureux dysfonctionnels. Cette méthode rejoint de nombreux courants thérapeutiques : thérapie fondée sur la pleine-conscience, sur les émotions, l’auto-compassion, éléments de psychanalyse, de Thérapie Comportementale et Cognitive mais aussi d’Analyse Transactionelle, de Programmation Neuro-Linguistique et de coaching de vie.

J’aurais à cœur de vous expliquer en détail cette méthode d’accompagnement lors d’un appel téléphonique. Si vous souhaitez être accompagnée en séances de coaching, vous pouvez dès à présent réserver votre Bilan Sentimental Offert pour que l’on puisse discuter de vos blocages et besoins d’accompagnement plus en profondeur. La réservation de cet appel est uniquement destinée aux personnes souhaitant (ou hésitant) être accompagnées et se réalise via ce lien : https://calendly.com/chloe-merckaert/bilansentimental

Affectivement,

Chloé Merckaert – S’aimer +.

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